Le blog des veilleurs...
Ce nouveau document de Benoît XVI est une merveille...! Le danger serait que nous en restions aux commentaires des médias : célibat des prêtres rappelé ("le célibat sacerdotal vécu avec maturité, joie et dévouement est une très (les médias ont enlevé le 'très') grande bénédiction pour l'Eglise et pour la société elle-même" N°24), impossibilité de communier pour les divorcés-remariés et la volonté d'introduire la langue latine dans les cérémonies internationales. En ce qui concerne les deux premiers rappels, il n'y a aucune surprise et l'on se demande en quoi cela mérite la Une des journaux! Il faut aussi se souvenir que chacune des indications du Pape reprend ici les propositions présentées par des évêques du monde entier réunis en Synode à Rome l'an dernier. Ce ne sont donc pas d'abord ses idées à lui... contrairement à ce que l'on veut nous faire croire, mais celles de l'Eglise universelle représentée par les évêques.
Le texte parle de bien d'autres choses... Avant tout de la beauté et l'importance de l'Eucharistie. Le Pape insiste pour que ce Mystère immense soit célébré avec une grande dignité... On sent très clairement un accent sur l'aspect liturgique. Pour bien le comprendre, voici une petite histoire issue d'un livre du cardinal Ratzinger qui peut grandement nous aider :
"Une vieille légende sur l'origine du Christianisme en Russie raconte que, l'un après l'autre, des représentants de l'Islam venant de Bulgarie, des représentants du Judaïsme et des envoyés du Pape orginaires d'Allemagne se seraient présentés devant le prince Vladimir de Kiev qui était à la recherche de la bonne religion pour son peupl. Ils venaient pour lui proposer leur propre religion comme la meilleure. Le prince cependant aurait été insatisfait de toutes ces propositions. Son choix aurait été fait au moment où ses envoyés revenaient d'un culte solennel auquel ils avaient assisté dans l'église Sainte Sophie à Constantinople. Remplis d'enthousiasme, ils auraient fait au prince le récit suivant : "Et nous arrivâmes chez les Grecs et fûmes conduits là où ils servent Dieu... Nous ne savons pas si nous fûmes au ciel ou sur la terre... Nous avons appris que Dieu se tient là parmi les hommes".
Le cardinal commente cette histoire en disant : "Ce qui a convaincu les envoyés du prince russe de la vérité de la foi célébrée dans la liturgie orthodoxe, ce n'était pas une sorte de persuasion missionnaire dont les arguments étaient plus intelligibles que ceux des autres religions. Ce qui les a touchés, c'était précisément le mystère en tant que tel, qui justement, dans le dépassement de la dispute intellectuelle, faisait paraître la puissance de la vérité. Autrement dit : la liturgie byzantine ne se proposait pas et ne se propose pas d'endoctriner les autres ou de se montrer sous un jour complaisant et divertissant. Ce qui pouvait intéresser chez elle, c'était précisément son désintéressement absolu, le fait qu'elle n'ait pas été célébrée pour des spectateurs, mais pour Dieu. C'était justement l'attitude désintéressée dans la présence devant Dieu et dans le regard tourné vers lui, qui a permis à la lumière de Dieu de descendre dans l'évènement et de se faire sentir aussi à ceux qui venaient de l'extérieur".
Voilà une bonne petite clef de lecture pour mieux comprendre ce que nous donne le Pape dans ce document en matière de liturgie. Mais il y a bien d'autres points encore abordés... comment vivre l'Eucharistie de manière fructueuse... comment elle peut devenir le coeur de nos vies... On en garde un peu pour la suite! Bonne lecture!