Partager l'article ! Mail ouvert aux catholiques qui doutent...: Certains devant la succession des affaires, l'énorme pression médiatique et le peu de retenue du mo ...

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Certains devant la succession des affaires, l'énorme pression médiatique et le peu de retenue du monde politique... finissent par être un peu perdus, au sein même de l'Eglise. c'est le cas d'une amie qui me disait son désarroi, son impression de retour en arrière dans l'Eglise et qui m'a inspirée cette réponse :
Bien chère Julie,
Comme tu réagis dans un mail sur les propos du pape... je me permets de
réagir à mon tour
...
D'abord je comprends parfaitement tes réserves. Notamment après ces mois vraiment difficiles où les polémiques se sont succédées à un ryhtme effarant... On finit par ne plus voir très clair
y compris au sujet du pape lui-même.
J'attire ton attention néanmoins sur quelques points :
1. Le retour en arrière
: quand on en parle, sur quoi se base-t-on? Si c'est l'air du temps, alors c'est
vrai, je pense que l'on est de plus en plus en décalage. Mais remarque que le Christ ne devait pas être la star des sondages pour finir comme il a fini... Si c'est la défense de
l'humanité, la préservation des intérêts humains contre les ambitions de puissants groupements économiques ou idéologiques, alors je crois qu'on peut parler au contraire d'une Eglise qui
a des siècles d'avance sur la société... Je ne te donnerai que deux exemples tout à fait récents: la loi sur la fin de vie discutée récemment a largement bénéficiée des contributions
catholiques pour finir avec une loi exemplaire qui évite les impasses et permet de soulager vraiment les personnes sans les envoyer au cimetière. En matière économique, l'Eglise ne cesse de
demander que l'on prenne en compte la personne, avec cette crise, certains se réveillent en découvrant qu'elle n'avait pas tort... ET ainsi de suite. Je pense à Jean Louis Borloo qui
sortait dernièrement d'une réunion avec des évêques sur l'environnement et qui disait "ca m'a fait du bien de parler avec vous!". Comme quoi on doit pas être si nuls que ça... Je pense aussi au
cardinal Barbarin au dernier congrès du MEDEF, sans doute l'orateur le plus ovationné, pourtant il ne renie pas un centième de la foi catholique, on doit donc pas être si nuls que ça...
Si tu veux pour le cas précis du SIDA, regarde de près la politique de l'Ouganda, un des pays qui a le plus progressé, et qui a misé en grande partie sur un message
de responsabilité et d'abstinence... ils se sont faits mal voir par les agences internationales... mais ils s'en foutent, ce qu'ils veulent c'est des résultats, et on les comprend!
N'oublions pas que un quart des malades du SIDA dans le monde sont pris en charge par... l'Eglise catholique. Et qu'elle est ainsi le premier contributeur après les états et devant
toutes les ONG sur ce terrain. Des programmes sont dévellopés actuellement sur l'accès aux soins et la politique éducative avec de bons résultats.
2. Un mot sur la personne de Benoît XVI
: le pauvre n'a pas eu la chance de bénéficier
de la moindre bienveillance puisque dès son élection, les médias l'ont descendu. Mais j'attire ton attention sur le fait que lors des visites à Rome, alors qu'il n'était que cardinal, les
évêques ont toujours été éblouis par sa personnalité : simple, clair et surtout très attentif à la souffrance des gens : par exemple les divorcés remariés, il questionnait toujours les
évêques pour savoir s'ils avaient le souci d'accompagner ces personnes, comment... loin du vieux méchant qu'on nous a dépeint. J'ajoute une chose que l'on a oublié : ce pape a une
vision du contexte actuel avec un recul que nous n'avons pas. Lui a connu le nazisme. Il dit qu'il n'oubliera jamais qu'il est le fils d'un peuple qui a élu démocratiquement Hitler. Il veut donc
absolument que nos sociétés évitent à tout prix de nouveau drame de ce genre. Et donc il est exigeant en matière d'éthique, il veut que chaque société puisse trouver et fonder un consensus
éthique fondamental... qui garantisse nos démocraties. Lui n'agit pas en fonction du dernier sondage IFOP... quand on y pense, c'est sans doute un des seuls hommes d'envergure de la planète qui
peut agir en dehors de toutes les pressions médiatiques, économiques et des diverses opinions publiques...
J'ajoute que ce pape que certains s'évertuent à faire passer pour un débile est sans doute un des plus grands intellectuels de la planète... Tu trouves peut être que j'exagère... Mais des génies
comme Habermas ont été vraiment fascinés par son intelligence. D'ailleurs il n'est pas besoin d'aller bien loin, en relisant son discours des Bernardins de septembre dernier à Paris, tu as
un aperçu de la profondeur incroyable de son regard sur le monde en lien avec son histoire et combien nous sommes, moi le premier, à mille lieux de saisir les enjeux des temps
actuels avec la précision qui est la sienne. Tu me diras mais c'est pas du concret, du réel, du quotidien... faut voir... nous qui vivons à cent à l'heure... je ne sais pas qui de l'homme
d'affaire débordé et mondain ou du moine au fond de son monastère est le plus dans le réel... Ca mérite réflexion.
3. Enfin sur la sexualité elle-même
. Une fois un couple disait à Jean-Paul II, "est-ce que vous ne
croyez pas que l'Eglise est vraiment trop exigeante dans ce domaine?" Le pape les a regardés avec une grande douceur et leur a dit : "l'Eglise n'ajoute aucune exigence sur les exigences de
l'amour authentique". Moi cette phrase m'a beaucoup fait réfléchir et c'est pas fini...!
Bon voili voilou Julie, je n'entends pas ici te faire changer d'avis, une certaine liberté de pensée dans l'Eglise ne me dérange pas, c'est encore un des lieux où l'on peut le faire et tant
mieux... dans la seule limite de l'amour du prochain qui vaut aussi à l'égard du pape... ce que nos journalistes, politiques et même certains catholiques semblent parfois malheureusement
oublier.
En te souhaitant un très bon chemin vers Pâques,
Fraternellement dans le Christ,
Un veilleur...