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Sur la route de la vie... La pause s'impose... Réfléchissons un instant avec Pascal qui disait :

"Réfléchissez bien messieurs les libertins : si vous gagnez : vous ne gagnez rien. Si vous perdez : vous perdez tout !".

 

 

Dernière lettre du Diable à son neveu romain!
 
Mon ami,
 
Avant que vous ne quittiez Rome dans quelques jours, je veux encore vous donner d'ultimes recommandations. C'est que l'actualité est chargée... On murmure beaucoup de choses au Vatican. D'abord il y a eu cette énorme manifestation de près d'un million de personnes contre le PACS italien... Un vrai succès pour l'Eglise catholique qui a réussi avec ce coup de force à enterrer le projet. Il est vrai qu'elle le paye : un cardinal menacé de mort, des journaux odieux contre la hiérarchie catholique... et jusqu'à des chanteurs qui en plein concert s'en prennent au St Père d'une manière ahurissante. Mais paisiblement, Benoît XVI cherche à poursuivre son chemin, ou plutôt cherche à mettre ses pas dans ceux du Christ jour après jour.
Je n'ignore pas que l'élection de Nicolas Sarkozy a eu quelques retentissements en Italie... Pour l'Eglise, il semble qu'il soit difficile de vraiment se réjouir : sur la défense de la vie (que ce soit l'avortement ou l'euthanasie), le nouveau président ne paraît pas vouloir aller dans le bon sens. Même concernant les unions homosexuelles, le projet du président va dans le sens opposé à celui prôné par Rome. A vrai dire, vous le savez comme moi, ce n'est pas Rome qui dicte cela, c'est le bon sens : pourquoi une société devrait-elle subventionner à travers des avantages fiscaux... un "modèle" social qui ne lui rapporte absolument rien ni sur un plan économique, ni sur un plan social. Cela constitue en somme une injustice vis-à-vis des personnes célibataires puisqu'elles contribuent autant que des conjoints homosexuels au bien de la société... Mais toute vérité n'est pas bonne à dire en ces temps mouvementés... Et j'en suis très heureux : veillez à ce que cela demeure ainsi!
Profitez de ces derniers jours à Rome suivre de près l'actualité vaticane... Des choses se précisent je crois... veillez à m'en tenir informé dès votre arrivée en France.
 
                                   Merci poru votre patience dans cette contrée arriérée...
 
                                                                   Bien à Moi,
 
                                                                              Votre oncle.
 
Lettre du Diable (10) à son neveu.
 
Mon cher petit,
 
Vous avez entendu parler jusque dans vos contrées italiennes de cette bataille qui fait rage en France entre nos deux tourteraux. La lutte est d'autant plus violente qu'il s'ajoute au duel un troisième homme sorti de son arrière-pays et qui à défaut d'avoir été qualifié pour le second tour par les électeurs... tente de se qualifier lui-même. Mais je laisse là les subtilités de la politique française pour en venir à ce qui me préocuppe davantage : l'actualité romaine. D'abord je note non sans rage le succès immense du livre de Benoît XVI intitulé Jésus. Comment les gens peuvent-ils encore s'intéresser à ce pauvre Galiléen après 2000 ans et après tout ce que j'ai fait pour réduire sa vie à une légende... et sa mort suivie de la résurrection, à un mythe du plus mauvais genre. Mais rien n'y fait!
Il y a aussi cette histoire de Motu Proprio qui semble se préciser... Vous avez quand même (non pas grâce à Dieu mais grâce à moi!) réussi à en tirer parti en divisant quelques peu les évêques, notamment français, sur ce sujet. Mais il faut aller plus loin, tenter l'impossible pour que ce texte soit mal reçu : qu'on le perçoive comme un bond de 50 ans en arrière, une négation totale de Vatican II... Bref débrouillez-vous pour décourager ceux qui vont tenter de l'accueillir dans l'obéissance et avec une volonté de pacification.
Mon petit indicateur... que je garde bien secret... me disait encore l'autre jour combien le pape mène une vie monastique au Vatican. Il m'expliquait aussi comment désormais les dossiers qui doivent être signés par lui doivent lui être parvenus une semaine auparavant de sorte qu'il les lit, s'en informe... et ne manque pas de faire des remarques avant d'y apposer son sceau. Voyez-vous je regrette que le "saint-père" suive de si près les choses... Il est sûr qu'il ne fait pas de coups d'éclats... Surtout dans les petites lucarnes où on le montre rarement sous un jour favorable... Mais je redoute à long terme les conséquences de tant d'application à servir l'Eglise. Il ne faudrait pas qu'il finisse par rénover sans bruit les choses de l'intérieur. Ouvrez donc l'oeil et continuez votre travail qui consiste en grande partie à saper le sien (ce qui suppose pour vous de ne pas chômer car il vous donne de la matière!).
 
                                        Toujours bien à moi,
 
                                                                Votre oncle.
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Lettre du Diable (9) à son neveu.
Mon petit,
 
Je reçois de bien tristes nouvelles! J'ai eu la mauvaise idée d'allumer mon étrange lucarne l'autre jour et de tomber sur ce match de foot organisé par le Vatican... Les médias s'arrachent les reportages sur ces apprentis prêtres tapant dans le ballon! Alors que je m'applique à faire passer cette race-là pour des déconnectés coincés plutôt pas heureux, voilà que l'on nous montre des visages sympathiques, rayonnants la joie de vivre! Mais enfin pour l'amour de moi que faites-vous? Ce n'est vraiment pas le moment de songer aux vacances mon ami! Ne me parlez pas de RTT non plus! Les 35 heures, croyez-moi, ne valent que pour ceux qui entendent rester en queue de peloton... Ne voyez-vous pas que grâce à cette fumisterie la France se laisse devancer par tous les pays voisins en matière économique?! Or nous, nous visons la première place!  Et quant à cette logique de l'Evangile qui consiste à prendre la dernière pour remporter la première, vous savez comme moi que c'est du bidon! La balle est maintenant dans notre camp, il nous faut rebondir.
Figurez-vous que je vois, au beau milieu de ce sombre tableau, se dessiner une éclaircie avec la sortie du document papal Sacramentum caritatis : le Sacrement de l'amour. Il y a dans ces pages de quoi irriter bien du monde et je compte sur vous pour que les médias ne passent pas à côté de ces phrases délicieuses sur le célibat des prêtres, l'interdiction de communier aux divorcés-remariés et le latin! Sur ce dernier point vous pouvez faire des miracles j'en suis sûr. Cette langue, qui n'a rien de déplaisant au demeurant, concentre sur son nom tant de passions et de batailles, que sa seule évocation suffit à faire frémir pareillement l'un et l'autre bord de la barque de l'Eglise. Si cela peut paraître une tempête dans un verre d'eau, il ne tient qu'à nous de faire en sorte que cela prenne de plus amples dimensions... Si l'on pouvait encore davantage faire détester ce pape, nous aurions là remporté une victoire conséquente. Savez-vous au juste pourquoi l'Eglise affectionne tant le latin? Parce que ... je vous le donne en mille... c'est une langue morte! Ne riez pas mon petit, moi aussi j'ai souri la première fois... avant de comprendre que c'est ainsi un excellent moyen pour cette institution de préserver le sens fondamental des mots de la foi puisque dans une langue morte, le sens des mots n'évolue pas. Et cela c'est bien triste pour nous qui tâchons sans cesse de travestir ce fichu Dépôt de la Foi... dans lequel nous sommes si mal traités!
Je vous laisse sur cette confidence scandaleuse qui est un secret à ne pas divulguer : l'Autre a triché! Figurez-vous que par la mort de son Fils sur la Croix, il nous a déjà imposé l'issue du match comme étant une cuisante défaite! Le temps que nous vivons n'est qu'un court répit... Mais surtout n'en dites rien! Vous risqueriez de décourager nos supporters... au moment où nous avons encore la possibilité d'en gagner de nouveaux... et combien!
                                           Bien à moi,
                                                     Votre Oncle Génial.
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Lettre du Diable (8) à son neveu.
 
Mon neveu,
 
J'apprends que vous êtes remis de votre mauvaise grippe de ces derniers temps et je m'en réjouis. L'actualité a été relativement chargée pour vous avec cette chute du gouvernement Prodi, cette histoire de PACS qui n'avance pas... J'ai vu dans la petite lucarne cette rencontre surprenante entre le gouvernement italien et les plus hauts dignitaires du Vatican. Le ton poli voire même chaleureux de l'entrevue m'a littéralement glacé. Heureusement qu'à l'extérieur, quelques dizaines d'excités protestaient contre cette rencontre et contre l'existence même de l'Etat du Vatican. L'Eglise n'a pas encore baissé les bras contre le PACS en Italie et je crains fort qu'elle parvienne à faire modifier le projet de manière substantielle. Avec en plus cette malheureuse chute du gouvernement Prodi, j'ai peur que sa nouvelle équipe se montre plus timorée. En France on ne s'est pas embarrassé de tels scrupules. Si vous pouviez faire sentir aux italiens, comme j'ai si bien réussi à le faire au Portugal, qu'ils sont à la remorque de l'Europe avec leur législation archaïque, cela aiderait sans doute beaucoup à faire avancer la cause. Ajoutez quelques discours bien sentis sur le sectarisme de l'Eglise qui n'aime pas les personnes homosexuelles et on y arrivera.
Par ailleurs, je crains mon ami que vous négligiez un peu trop ces temps-ci les faits et gestes de Benoît qui ne cesse de rappeler une certain nombre de choses un peu gênantes. Il a osé condamner l'adultère avec une force peu commune. Faites cessez ces refrains moyennageux ou arrangez-vous du moins pour que l'on ne les entende pas. Dans le brouhaha général, ce n'est quand même pas bien difficile d'étouffer les voix discordantes qui nous dérangent.
Enfin je vous informe que de mon côté je marque des points comme jamais. Mes deux tourtereaux qui ne cessent de se prendre le bec pour cette fameuse bataille présidentielle, ont tout de même quelques points en commun : il semble que l'un et l'autre soient favorables à... l'euthanasie! Je vous avais bien dit que se dessinait dans le ciel de cette campagne un avenir prometteur... Quel bonheur de les entendre parler de compassion et mettre dans un même panier euthanasie et acharnement thérapeutique (qui n'a en réalité rien à voir puisque par malheur l'Eglise dit bien que "le renoncement à des moyens extraordinaires ou disproportionnés n'est pas équivalent au suicide ou à l'euthanasie, il traduit plutôt l'acceptation de la condition humaine devant la mort"). J'aimerais que le vieux Jean-Paul soit encore en vie pour souffrir de ces programmes fantastiques proposés aux français, lui qui disait de l'euthanasie qu'elle est "une grave violation de la Loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d'une personne humaine". Mais cela rassurez-vous mon cher, rares sont ceux qui y songent... C'est plus facile d'éliminer les personnes que d'être confronté à leurs souffrances et d'avoir à les accompagner.
 
Bref, je dirais qu'en fait ces mois-ci, la vie est belle. Il y a partout comme une odeur de mort qui se répand et qui me donne du baume au coeur... Parfois je me demande si je ne rêve pas... Mais je crois bien que non... Il me semble plutôt que ce sont les français qui somnolent... Laissons-les tranquilles... Même si un jour le réveil pourrait être un peu douloureux pour eux!
 
                                                    Soyez fidèle à vos sentiments du moment,
 
                                                                          Votre Oncle très doué.
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Lettre du Diable (7) à son neveu.
 
Mon tout petit,
 
Je me prends à vous porter une affection sans doute une peu exagérée mais je vous vois dans de telles difficultés que la pitié me submerge. Que se passe-t-il encore dans cette fichue péninsule moyennageuse?! Vous m'écrivez que la semaine pour l'Unité des Chrétiens a été un succès certain... Misère de misère, n'oubliez pas mon petit qu'il nous faut absolument veiller aux divisions. L'Autre a fait cette prière : "que tous soient un". L'unité est notre ennemie numéro un. En politique, y compris en Italie, je crois que nous réussissons assez bien à garder une certaine "pluralité" (un mot magique qui cache les pires antagonismes...). Mais en religion, il semble que nous perdions un peu de terrain. A nous d'être ingénieux pour semer de nouvelles "pommes" (fruit d'heureuse mémoire s'il en est!) de discorde. Certains résument le péché originel en disant que ce fut l'histoire d'une pomme, de deux poires et de beaucoup de pépins. A nous de faire en sorte que les pépins ne viennent pas à manquer (habituellement pour ce qui est des poires, on en trouve toujours!).
 
Et puis mon cher, je dois vous dire qu'il y a eu pour nous en Gaulle ces funérailles 'mortelles' (je dis cela parce que j'ai manqué de peu l'apoplexie) de l'abbé des pauvres. Quelle misère de voir notre France confite en dévotions... Avec ce fichu cardinal Barbarin qui manie les mots avec une fougue et une franchise propres à toucher les plus récalcitrants: quelle poisse! Surtout que cet ecclésiastique a la facheuse habitude de parler de l'Evangile. S'il aborde un sujet social, voire politique, c'est toujours en le référant à la Parole de l'Autre. Il a tout compris celui-là!
Mais peut-être aurons-nous, au moins en France, des consolations dans les semaines qui viennent... Cette fameuse campagne électorale est propice à de fabuleuses promesses qui toutes ne vont pas dans le sens de ce que souhaiterait l'Eglise, loin s'en faut. Et le sieur ministre de l'intérieur se montre bien peu sensible à défendre des valeurs comme celle de la vie de sa conception à sa mort naturelle. En ce sens j'ai savouré son hommage à la Loi de 1975, cette merveille juridique qui permet d'éliminer plus de 220 000 foetus chaque année (attention mon neveu, ne parlez jamais d'enfants, sinon nous sommes perdus!). Sa rivale sous ses sourires angéliques ne dissimule pas d'autres sentiments, et l'on est sûr qu'avec elle, on accomplirait des progrès fantastiques dans ces matières...
 
Bref, courage, attendons... après l'hiver vient le printemps... et son nouveau président...
 
                                         Veillez toujours sur Benoît,
 
                                                             Bien à Moi,
 
                                                                           Votre Oncle très doué.
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Lettre du Diable (6) à son neveu.
 
Mon petit,
 
J'apprends que vous souffrez d'une mauvaise grippe. A force de traîner dans les couloirs du Vatican voilà que vous en ressortez malade. Je dois reconnaître que vous avez fort à faire. D'abord bravo pour le déploiement médiatique autour de cet homme qui a demandé que l'on débranche son appareil respiratoire et à qui l'Eglise a refusé des funérailles religieuses. Il est vrai que ni lui ni son épouse n'étaient chrétiens, mais cela on s'est bien gardé de le préciser. La famille demandait un enterrement catholique par "tradition" disait-elle. Heureusement avec votre génie grandissant, vous êtes parvenu à laisser ces choses là dans l'ombre. En revanche ce que l'on a étalé au grand jour, c'est le sectarisme de cette Eglise, son intransigeance. Cela c'est délicieux! Quand on pense que l'on accuse Pie XII d'avoir été trop silencieux devant la mort d'êtres humains dans des camps... et qu'aujourd'hui on reproche à l'Eglise de parler trop fort devant des êtres qui attentent à leurs vies et souhaitent ériger cette mort provoquée en droit personnel inaliénable... On semble marcher sur la tête. Mais rares sont ceux qui penseront si loin, beaucoup s'arrêtent de réfléchir avant même d'avoir commencé. Dormez donc tranquille, les consciences et le bon sens commencent à être sérieusement anesthésiés (pour ne pas dire euthanasiés...) dans nos contrées.
Bref, en tout cela encore bravo. Hélas vous avez été plus médiocre dans la rencontre du pape avec les responsables politiques italiens de la région de Rome. Encore une fois ce bonhomme de neige a réussi à faire fondre la glace de son auditoire et à toucher les intelligences à défaut des coeurs. Grâce à Dieu (je devrais dire surout grâce à moi) on fonctionne essentiellement à l'affectif et ainsi, bien que les arguments du St Père sur la famille et le caractère dangereux d'une reconnaissance des autres formes d'unions soient tout à fait fondés, il n'en demeure pas moins qu'ils n'émeuvent ni les politiques, ni ceux qui les élisent. On doit donc être tout à fait optimistes quant à la suite des évènements... Tenez-moi au courant.
Enfin je vous dis un mot de la France... On a eu un fichu sermon à Notre Dame de la part de l'archevêque pour Noël mais globalement ça va pas mal. En politique surtout, entre les voyages en Chine de la demoiselle et les voeux du grand-père sous le sapin de l'Elysée je m'amuse bien. Croyez-moi cette campagne présidentielle est pour nous un beau cadeau de Noël qui va nous changer de l'ambiance de la crèche et de l'odeur d'encens... ça sent déjà semble-t-il le brûlé.
 
                                                 Soyez aussi mâlin que votre oncle,
 
                                                                         Malicieusement,
 
                                                                                           Votre Oncle.
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Lettre du Diable (5) à son neveu.

Mon petit préféré,
J'espère que vous allez bien et qu'entre deux papillotes, vous avez trouvé le temps de remplir votre périlleuse mission... J'attends de vos nouvelles. De mon côté, je suis bien occupé. Je ne sais pas si vous êtes au courant mais en France, alors qu'il fait un froid hivernal comme il se doit, la mode est à la tente! Au départ je me suis laissé surprendre par cette campagne qui vise, en mettant les gens au vert, à attirer l'attention de ceux qui sont au chaud... J'ai trouvé l'initiative par trop généreuse et j'ai vu là-dedans au départ trop de bonnes intentions pour qu'elles soient à mon goût. J'ai péché par manque d'optimisme mon neveu! Le gouvernement a fait d'honnêtes propositions... et les plus récalcitrants n'ont rien voulu savoir : ils refusent de décamper. J'ai compris alors que rien n'était perdu : je vais pouvoir agacer une partie des français que ces campings urbains ne vont pas manquer d'irriter (surtout s'ils repensent au montant de leurs cotisations sociales...) et continuer de braquer une autre partie qui de toute façon nage dans l'utopie... pour ne pas dire l'idéologie et qui refuse toute proposition tant  qu'elle paraît réaliste. Vous savez ce pays est parfois un délice même en période de fêtes!
Il est vrai qu'il y a certaines choses moins belles. Je pense à ce fichu film sur les chartreux, je pense à ces églises pleines le soir de la Nativité, je pense à cette bénédiction de Benoît dans toutes les langues depuis chez vous... C'est parfois à en perdre son latin : comment les français peuvent-ils encore être si nombreux à participer aux célébrations quand ils sont si peu à croire vraiment ce qui est célébré?! C'est à désespérer...
Mais on n'est pas du genre à se laisser prendre au piège! J'ai réussi plusieurs coups de maître quand même. D'abord la mode du regroupement des messes : on regroupe, on regroupe... à tel point que bien des gens se retrouvent debouts, coincés au fond de l'édifice en plein courant d'air! Inutile de dire que pour eux la chaleur de cette fête de Noël risque de passer inaperçue! Et puis il y a ces fameuses veillées. Je veille précisément avec attention à ce qu'elles endorment l'assemblée plus qu'autre chose. Je me régale avec les scénettes d'enfants mal préparées où le panneau en papier crépon s'effondre en plein spectacle (pour ne pas dire sketch!)... Et tout cela s'inscrit parfois dans la continuité avec la célébration car pour distinguer le vieux tissu qui sert de rideau de la nappe d'autel ou de la chasuble du célébrant, il faut parfois ouvrir l'oeil!
Et pourtant ils reviennent. Comme quoi c'est jamais gagné! D'ailleurs en famille on préfère dire mon neveu, vous l'apprendrez, que ce n'est jamais perdu! Histoire de se faire illusion quelques temps... avant l'éternité. D'ici là bonne année 2007.

                                      Je vous adore comme je m'adore,

                                                           Votre Oncle génial.


                                                            
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Lettre du Diable (4) à son neveu.
 
 
 
Mon petit diablotin adoré,
 
 
 
Mon cher! Alors que nous étions en Turquie l'un et l'autre, occupés autant que nous le pouvions à compliquer ce voyage, c'est la France qui s'est réveillée... Je veux dire que pendant ce temps, on a profité de mon absence pour critiquer la moralité du Téléthon. Ce sont des évêques qui ont osé émettre des réserves sur l'utilisation des cellules embryonnaires, le tri des embryons... Le cardinal Barbarin n'a pas mâché ses mots : "non, non et non l'embryon pour nous n'est pas une chose!". Quel toupet! Le pire est que cet homme d'Eglise a été très juste : s'il a critiqué cet aspect de l'association, il n'a malheureusement pas oublié d'en souligner tous les bienfaits. Même le journaliste qui a tenté de l'enfermer dans un discours négatif n'y est pas parvenu le moins du monde. Ce prélat a lancé cette formule : "tout ce qui est légal n'est pas moral". Par chance, j'ai toujours ma ligne directe avec l'Elysée... Et le bon Président en personne a ridiculisé ces hommes d'Eglise en rappelant qu'absolument tout dans le Téléthon s'effectue dans le cadre de la Loi! (j'y mets une majuscule parce que """grâce à Dieu"""  (si l'on peut dire) on l'a aujourd'hui divinisée de sorte que la loi positive qui ne devrait n'être qu'un reflet de la Loi divine... est érigée en Maître Absolu! Ainsi il suffit qu'une chose soit votée pour qu'elle soit morale! On a oublié les lois nazies... fort heureusement...).
Mais revenons à ce fichu voyage chez les Turcs! Quel froid dans ce pays! On m'avait annoncé des manifestations monstres, des tentatives d'attentats... J'en suais de bonheur par avance. Mais là : rien! Tout le contraire, un accueil presque cordial, une couverture médiatique convenable... J'ai eu froid tout le temps. Surtout, surtout, avec ce Pape qui a réussi à parler comme il voulait de la liberté religieuse dans ce pays musulman! Il est même allé jusqu'à dire que c'était la liberté source de toutes les autres libertés! J'ai alors tenté d'agacer la partie orthodoxe tant j'ai vite compris que c'était perdu avec les musulmans (au moins ceux présents en Turquie...) mais là encore : échec total! Non seulement la rencontre avec le Patriarche a bien eu lieu, mais elle s'est très bien passée! Je crains mon ami un rapprochement prochain des deux Eglises... vous verrez... On parle dans les couloirs du Vatican d'une proposition du Patriarche... Quand on sait qu'il est passé, lui l'orthodoxe, dans un séminaire catholique durant sa formation à Rome (il était au Séminaire Pontifical Français!), on a de bonnes raisons de s'inquiéter.
Mais enfin ne nous décourageons pas. J'ai quand même réussi à tirer un peu de cette couverture médiatique à moi! Le pape priant dans la mosquée... Les journalistes ont fait sur cela des commentaires exquis en expliquant que le pape était tourné vers la Mecque, qu'il priait dans la position du musulman... Il ne faut pas craindre l'invraissemblable mon cher, il faut simplement veiller à bien le présenter... Et aujourd'hui l'image de la petite lucarne fait pour nous des merveilles... il ne s'agit pas vraiment d'un trompe-l'oeil car plus que l'oeil... c'est toute la personne que l'on berne!
 
 
                                Noël approche, ne relâchons pas nos efforts... Nous savons malheureusement que le match est un peu perdu d'avance avec le Grand Manitout de l'autre côté, mais on peut encore compliquer la partie... Toutes les âmes ne sont pas sauvées... Loin s'en faut!
 
 
 
                                                            Votre Oncle assez génial,
 
 
 
                                                                                  Le Diable.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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Lettre du Diable (3) à son neveu,
 
 
Mon cher,
 
 
Je vous donne d'abord de rapides nouvelles de notre chère France... Les choses vont assez bien. J'ai réussi un coup de maître en introduisant les défenseurs de l'euthanasie dans les associations qui accompagnent les mourants; si l'on pouvait parvenir rapidement à une législation en la matière, ce serait excellent. Je m'y suis pris habilement avec les médias... Les reportages sur les personnes souffrantes se sont multipliés... Et j'ai réussi à faire passer cette énormité pour une vérité : "le meilleur moyen de soulager une personne et de l'accompagner... c'est de la supprimer!". Quelques curés s'efforcent de rappeler que le soulagement d'une personne réclame en soi la continuité de l'être de cette personne... Mais on ne les entend pas et surtout pas dans la presse.
Je ne peux vous énumérer tous mes succès tant ils sont nombreux... Je note simplement non sans une certaine amertume que la division que j'ai tenté de semer dans l'Eglise qui est en France est en passe de s'apaiser, les évêques ont parlé d'une seule voix... J'avais espéré un choeur polyphonique... Je n'y ai pas réussi, les coeurs des prélats battaient presque à l'unisson!
J'en viens à vous mon neveu, je vous vois encore empêtré dans des tentatives malheureuses! Quel vacarme la semaine dernière lors de la visite du pape à l'université Grégorienne, tous les amphis résonnaient au son de "Be-nedet-to!". C'était insupportable. Mon ami il ne fallait pas espérer autre chose, vous perdiez votre temps avec ces étudiants. En revanche vous auriez mieux fait de vous occuper des professeurs, il y a bien quelques jésuites que ce spectacle irrite un peu, c'est avec eux qu'il fallait travailler. Au lieu de cela vous les avez laissé applaudir, embrasser l'anneau du "St Père"... Catastrophe! Le pire a été je crois que le pape commence dès son arrivée par aller prier dans la chapelle des étudiants. En ayant le Big Boss à ses côtés, il était presque sûr de te laisser sur le pas de la porte, et c'est exactement ce qui s'est passé!
Et puis enfin je viens d'apprendre le mot du St Père aux évêques allemands, il a le culot de les appeler à la fermeté dans le dialogue avec l'Islam. Il vous faut prendre votre billet pour la Turquie tout de suite mon petit et aller un peu chauffer les esprits sur place... Mais évitez trop de 'remue-méninges' avant qu'arrive Benoît : il ne faudrait pas en plus de nous embourber à l'étranger que l'on assure la couverture médiatique du voyage en attirant des foules de journalistes sur place!
 
                    Bon voyage mon neveu et tenez-moi informé....
 
 
                                                        Votre oncle très doué.

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Lettre du Diable (2) à son neveu,
 
 
 
Cher neveu,
 
Je le sens vous êtes un peu dépassé... J'ai vu dans la petite lucarne sur cette maudite chaîne de KTO (que j'ai tenté en vain de faire disparaître) qu'il n'y a jamais eu de telles affluences aux audiences du "St" Père. Même le temps était de la partie : un soleil magnifique dans un ciel limpide... Mon ami à défaut de pouvoir vous occuper des personnes, veillez au moins aux nuages! Il est vrai que certains avaient prié le Grand Manitout à cette intention... Et nous sommes dans ce cas bien impuissants à pouvoir changer le cours des choses. Ce qu'il vous faut c'est intervenir en amont, faire en sorte que les "chrétiens"  - que j'appelle vous le savez les crétins - n'aient même pas l'idée de demander. Car aussitôt qu'ils demandent c'est fichu! A la moindre petite marque de confiance dans leur "Père des Cieux", il leur est accordé bien des choses et plus encore que ce qu'ils n'osent imaginer! Quand ils commencent à prier, c'est là qu'il ne faut pas se râter. Il y a toujours le coup classique du téléphone qui sonne qui marche très bien. Mais tu peux aussi leur remémorer tout ce qu'ils ont oublié de faire durant la journée, les moments désagréables et de tensions... Bref tout faire pour que le coeur s'agite, que l'eau se trouble... Et tu es assuré qu'ils ne risquent pas de descendre en profondeur. En revanche si tu te loupes, si le crétin fait un acte d'abandon, implore l'Esprit du Grand Manitout, commence par demander pardon et surtout (pire que tout) par rendre grâce : t'es foutu! Nous reparlerons de la prière la prochaine fois, cela fait 2000 ans que l'on se bat sans en venir à bout... C'est une vraie poisse.
Mais je me perds... et je vous tutoie de surcroît! Je voulais parler de cette audience. Il y avait tout le Séminaire Pontifical Français, des groupes du monde entier. Vous aurez noté l'attachement de ces séminaristes gaulois au pape, c'est ignoble. Pour y remédier, rien de tel cher neveu que les sujets qui fâchent : faites parler ces jeunes de liturgie, de gouvernement de l'Eglise, de nominations d'évêques... Vous verrez qu'ils trouveront bien vite des motifs de critiquer celui qu'une heure auparavant ils vénéraient. La liturgie est pour nous une sorte de pain béni, vous le vérifierez rapidement c'est là que vous pouvez agir avec le plus de facilité. D'ailleurs non seulement vous le pouvez mais vous le devez : s'ils s'accordent sur un tel sujet, ils communieront tous au même pain et deviendront un seul Corps. C'est ce que souhaite ardemment le Grand Manitout et c'est pour nous un projet funeste. Une fois tous réunis sous sa coupe, vous pouvez toujours courir pour les rattraper... Ils sont perdus... pour nous j'entends!
Mais je m'égare à nouveau dans mes excellents conseils... Concluons : cette audience chaleureuse avec des dizaines de milliers de pélerins chaque mercredi, cette catéchèse qui capte tant l'attention, ce pape souriant et paisible... il va falloir y mettre un terme. J'apprends qu'il se rend à l'université grégorienne le 3 novembre. Suivez cela de près. N'oubliez pas de relire son dicours avant qu'il ne le prononce cette fois... Ses sorties du style Ratisbonne semblent bien nous avoir fait plus de tord que de bien à la fin! Tenez-moi au courant.
                                             Sincèrement vôtre,
 
 
                                                             Votre Oncle.

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Lettre (1) du Diable à son neveu  (apprenti diable),
 
 
 
 
Mon neveu,
 
 
Je reçois froidement les dernières nouvelles dont vous m'avez fait part. Il semble que vous appreniez difficilement votre métier et je vous pensais plus doué dans les matières dipplomatiques. Oh certes vous avez remporté quelques succès : monsieur Chirac est intervenu dans la polémique de Ratisbonne et vous êtes arrivé à lui faire critiquer à mots à peine couverts les propos de celui que l'on nomme bien improprement le St Père. Il est vrai qu'avec notre président vous parvenez sans trop de mal à vos fins... Il a tellement en affection ces mots de 'tolérance', 'ouverture'... Ces formules si chères à mon coeur tellement on a réussi à les vider de leur contenu... Voyez-vous mon neveu, c'est à bien retenir : n'usez jamais dans votre lutte contre la Chiesa du Grand Manitout de mots trop amers : il nous faut non pas mettre de l'eau dans notre vin mais tout au contraire pour nous, savoir mettre une goutte de vin dans notre eau! Avec cela vous ferez des miracles! Comme disait l'autre : "qui eût cru que la tolérance aurait ses fanatiques"! C'était inespéré en effet...  et bien que je m'en garde soigneusement, je finirais presque devant de tels succès par succomber aux sirènes de cette vertu fantoche qu'un poète appelait la petite fille espérance.
En revanche au Sénat italien la semaine dernière vous avez échoué lamentablement. Vous n'imaginez pas mon aigreur en voyant cette motion de soutien au Pape dans cette merveilleuse polémique sur l'Islam votée à l'unanimité par les sénateurs! Même les communistes étaient de la partie : mais où va-t-on mon ami!? Il est vrai que je ne vous ai pas confié le territoire le plus facile en vous mandant en Italie, il y a encore trop de prêtres ayant la foi, trop de couvents priant jour et nuit, trop de bons citoyens attachés à la foi comme des naufragés à leur bouée. Mais enfin mon ami il est temps de sortir la tête de l'eau du bénitier. Cessez de vous morfondre au fond des sacristies. Nous avons quand même de beaux jours devant nous. Il y a au sein du nouveau gouvernement des gens  tout disposés à ouvrir de nouveaux horizons pour la famille, les recherches sur les embryons... Au sein même de l'Eglise vous ne peinerez pas à vous faire des amis si vous savez vous y prendre. A vous de jouer... nous en reparlerons.
             Avant de vous quitter cependant, un dernier conseil avisé de votre oncle : méfiez-vous d'abord et avant tout de Benoît. Il m'énerve et m'inquiète, il nous a toujours dans le coin de l'oeil. De notre sainte famille (la mère 'Opinion', le père 'Ouverture', et leurs trois  filles  : 'Tolérance' et Liberté et la petite 'Mode') il ne semble canoniser personne. Pire! C'est tout juste s'il ne semble pas les ignorer! Le voyage en Turquie approche mon neveu, ne ménagez pas vos peines, il nous faut absolument réussir de notre côté pour qu'il échoue du sien...
 
 
 
                                                    Subjectivement vôtre,
 
 
 
                                                                            Le Diable.
                                                     

La joyeuse troupe est pleine d'entrain, les vêtements reluisants et les chaussures cirées... vous l'aurez deviné... il s'agit du départ!

On aurait pu penser que Malou faisait preuve d'un excès d'optimisme en emportant ce beau cannotier qui ne supporte pas l'eau... et bien non! Le Big Boss étant sans doute de la partie... pas une goutte d'eau en 10 jours!

Sur les chemins les rencontres sont nombreuses et variées... Notre invité ce soir-là n'aura pas sa part au banquet... désolés!

Qui ne se souvient de l'accueil exceptionnel reçu à Rocamadour?! Alors que la petite troupe bien fatiguée arpente les ruelles escarpées du petit village perché dans la falaise, les uns et les autres sentent venir le moment où nous devrons redescendre dormir dans la forêt... sous un ciel qui s'annonce capricieux. Nous errons plusieurs heures quand surgit un petit homme tout de noir vêtu au visage rayonnant qui nous invite sur l'instant à dormir dans l'ancien palais épiscopal du sanctuaire! Logés comme des Princes par monsieur le curé Ronan de Gouvello, nous sommes aussi choyés par le Seigneur : adoration, messes... les sanctuaires sont ouverts jusqu'à 1h du matin! Le lendemain matin, l'abbé nous attend avec les croissants. Décidément nous aurons bien du mal à quitter ce lieu "magique" où nous sentons nos batteries tant physiques que spirituelles se recharger à grande vitesse... Mais il faut reprendre la route.

C'est alors que David, au bout de quelques jours, se met à nous jouer des tours. On était habitué à son cinéma avec ses répliques sans fin de la Grande Vadrouille... et on n'avait pas imaginé que cette fois ce n'était pas un coup de théâtre : une de ses tantes est décédée... et il est important pour sa famille qu'il rentre. On avait presque envie de lui dire : "Egoiste! Vous cherchiez un prétexte pour nous laisser tomber et vous l'avez trouvé!". Ceci dit il le fait en sachant bien qu'il a une bonne place dans nos sacs à dos d'intentions de prière; en la matière (mais en la matière seulement!) on n'est pas à quelques grammes près...

Nous poursuivons la route avec chaque jour son lot de "clins Dieu". On n'oubliera sans doute pas ce monsieur qui nous laisse son jardin avec un accés illimité au potager (n'est-ce pas les demoiselles? une photo de Jérôme témoigne de votre gourmandise!), cet autre qui en plus du grenier, nous ouvre une bonne bouteille de rouge pour le fromage... et ce petit couple de paysans qui mettent tout le peu qu'ils ont à notre disposition. Il y a aussi ces visages de pélerins dont on aurait du mal à peindre le portrait en un seul tableau tellement ils étaient différents. Il y a les habitués du "Camino" que l'on reconnaît à la taille du sac (3 fois rien), aux chaussures pro (souvent des Merrell!) et aux visages cramoisis. Mais il arrive parfois que certains empruntent au look ''vieux routards'' sans pour autant être des leurs. On repense à ces marcheurs qui allaient à contre-sens à vive allure... et qui ont frisé la déprime quand Mag s'est permise de leur indiquer le chemin!... Bref notre petite troupe est toujours en forme et il semble qu'après 9 jours d'aventures on touche au but, que ce soit à patte ou en stop...

 Et enfin la 7e merveille du monde : Moissac! Ici encore, le Big Boss eut la bonté de nous préparer un festin pour nos âmes avec un temps d'adoration chez les petites soeurs qui nous accueillaient... ainsi qu'un bon goûter pour nos ventres! Une espèce de cerise sur le gâteau qui donne envie de dire un immense Deo gratias et merci les ami(e)s!

  Sur cette photo... vous aviez 5 semaines!

L'Eglise nous dit clairement que "dès que l'ovule est fécondé, se trouve inaugurée une vie qui n'est ni celle du père ni celle de la mère, mais d'un nouvel être humain qui se développe par lui-même. Il ne sera jamais rendu humain s'il ne l'est pas dès lors. A cette évidence de toujours, la science génétique moderne apporte de précieuses confirmations. Elle a montré que dès le premier instant se trouve fixé le programme de ce que sera ce vivant : un homme, cet homme individuel avec ses notes caractéristiques déjà bien déterminées. Dès la fécondation, est commencée l'aventure d'une vie humaine dont chacune des grandes capacités demande du temps pour se mettre en place et se trouver prête à agir".

Mais certaines circonstances dramatiques ne peuvent-elles pas justifier un avortement?

Jean-Paul II aborde ces situations en disant que "de nombreuses fois le choix de l'avortement revêt pour la mère un caractère dramatique et douloureux, lorsque la décision de se défaire du fruit de la conception n'est pas prise pour des raisons purement égoïstes et de facilité, mais parce que l'on voudrait sauvegarder des biens importants, comme la santé ou un niveau de vie décent pour les autres membres de la famille. Parfois on craint pour l'enfant à naître des conditions de vie qui font penser qu'il serait mieux pour lui de ne pas naître. Cependant, ces raisons et d'autres semblables, pour graves et dramatiques qu'elles soient, ne peuvent jamais justifier la suppression délibérée d'un être humain innocent". Evangelium Vitae 58

L'avortement n'est-il pas moins grave que la peine de mort?

En y réfléchissant un peu, on peut se dire qu'en fait c'est exactement le contraire. En effet, avec la peine de mort, bien que ce soit une chose aujourd'hui inadmissible, on peut espérer condamner un être coupable, au moins pour un pourcentage d'entre eux;  et on leur donne de plus la possibilité de se défendre. En revanche, dans le cas de l'avortement, on est sûr de condamner à mort un innocent à tous les coups et  ce petit être n'a même pas la possibilité de se défendre le moins du monde.

Quel regard porter sur les femmes qui ont vécu un avortement?

C'est là qu'il nous faut être extrêmement délicats. L'avortement étant un drame, il provoque des blessures immenses et il convient d'avoir toute la douceur nécessaire pour accompagner ces personnes. Leur culpabilité peut de plus être atténuée par les circonstances et un entourage complice (on pense notamment au père qui bien souvent pousse la femme à avorter). Quoiqu'il en soit, ce péché très grave qu'est l'avortement demande un chemin de pardon et de guérison. Car si le péché est haïssable, la personne est aimable et aimée infiniment... C'est tout cela qu'il faut redécouvrir en se plongeant dans la miséricorde de Dieu.

Et toi que fais-tu?

Enfin nous pouvons chacun nous interroger. Chaque année l'avortement fait des centaines de milliers de victimes dans notre pays (sans compter les femmes qui avortent et qui ne s'en remettent jamais) et nous, nous pourrions comme catholiques, rester impassibles devant ce spectacle? Sans doute pas! Et il est urgent que chacun dans la prière discerne ce que le Seigneur lui demande pour prendre part à ce grand combat pour la défense de la vie... étant bien persuadés qu'il y a une place pour chacun, ne serait-ce que dans la prière dont notre monde a tant besoin.

Enfin cher(e) ami(e), note bien que défendre la vie de sa conception à sa mort naturelle, cela inclut la défense des plus pauvres, des malades... et qu'il est grand temps de sortir de cette opposition aussi supercielle qu'absurde dans notre pays entre d'un côté ceux qui défendent la vie à naître (habituellement on les stigmatise d'extrême droite) et ceux qui font du social (et que l'on situe à gauche). Etre catholique, c'est bien au-delà des partis politiques, et cela appelle un engagement intégral au service de notre humanité. Et tant pis pour ceux qui en restent aux vieux clichés!

                                                                   

Le Blog des Veilleurs reviendra prochainement sur les différentes techniques utilisées pour avorter... Un sujet tabou, et on comprend pourquoi quand on en prend connaissance...

 
                L'Eglise n'aime pas la sexualité?
 
                En effet, il n'est pas rare d'entendre, notamment dans le monde médiatique, que l'Eglise n'apprécie pas la dimension sexuelle de l'homme... Et pour preuve on nous cite toutes les exigences qu'elle énumère en ce domaine. Oui mais le problème est que cela est précisément la preuve du contraire! Si l'Eglise nous donne des points de repère en matière sexuelle, ce n'est pas parce qu'elle méprise cette dimension mais parce qu'elle la prend au sérieux. Plus encore, c'est parce qu'elle pense qu'il s'agit là de quelque chose de très beau qu'elle nous redit que l'on ne peut en faire n'importe quoi!
 
                L'Eglise pose-t-elle des exigences en trop ?
 
                On raconte qu'une fois un couple invité à saluer Jean-Paul II à l'issue d'une réunion, ne put s'empêcher de lui dire : "Très Saint-Père, c'est quand même dur ce que vous nous demandez !" Et le pape de leur répondre avec à la fois cette grande douceur et cette exigence dans le regard : "l'Eglise n'ajoute aucune exigence sur les exigences de l'amour authentique".
 
                 Peut-on vraiment y arriver ?
 
                 Il est vrai, et surtout dans le contexte où nous vivons, que vivre ce que l'Eglise, mais on pourrait dire aussi, ce que notre dignité de personne nous invite à vivre en matière d'amour, est loin d'être évident... Pour autant, nous ne sommes pas seuls. Et ce n'est pas sur la seule force de nos petits bras musclés que nous comptons (nous savons par expérience combien ils se fatiguent vite!) mais nous nous appuyons aussi et d'abord sur la grâce de Dieu. Concrètement cela suppose de prier, mais aussi de communier et de recevoir le sacrement du Pardon. Si nous ne nous donnons pas les moyens adéquats... il ne faut pas s'étonner de passer à côté de l'objectif.
 
                   L'Eglise est notre Mère....
 
                   Et c'est comme une mère, attentive et pleine de miséricorde aussi, qu'elle regarde ses enfants. Quand elle rappelle les exigences que nous sommes appelés à vivre, ce n'est pas d'abord pour nous juger... mais bien plutôt pour nous conduire sur ce chemin de l'amour véritable... qui est aussi celui du bonheur. Car c'est bien ce que souhaite le Seigneur : nous voir pleinement heureux! Or ce bonheur ne s'acquiert pas en nous rendant esclaves de nos passions les plus basses... Au fond, si chacun creuse dans son être, si nous portons un regard pénétrant en nous-mêmes, ce n'est pas de médiocrité dont nous avons soif mais bien de choses grandioses, exigeantes et vraies. Le dégriffé n'attire pas ou du moins il n'attire qu'un temps.... Et il faut savoir qu'il n'est jamais trop tard! Comme disait le Curé d'Ars : "les saints n'ont pas tous bien commencés mais ils ont tous bien finis!". A toi aussi cher(e) ami(e) le Seigneur te fait aujourd'hui cette invitation d'aimer et d'aimer toujours mieux et davantage. On ne dit pas que cela est facile, mais on peut dire avec assurance qu'avec l'aide, avec la grâce de Dieu, c'est possible!
 
 

 

La vocation en 3 questions :

Comment peut-on la définir?

On pourrait la résumer avec cette phrase de Jean-Paul II : "c'est l'amour de Dieu qui appelle et la liberté de l'homme qui lui répond par amour".

Répondre à sa vocation, est-ce vraiment le plus sûr moyen d'être heureux?

Pour le savoir, encore faut-il connaître ce qui rend l'homme heureux. Je fais ici un petit détour sur le coeur humain. Qu'est-ce qui comble le coeur de l'homme? Tu répondras sans doute, comme beaucoup, l'amour. En effet, nous sommes faits pour aimer. C'est là notre vocation (= appel) fondamental, on a comme un logiciel dans la tête : fait pour aimer! Mais ici commençent les difficultés car le mot amour recouvre des choses très différentes, il existe en effet plusieurs formes d'amour.

La première est celle de l'amour de concupiscence. C'est de cet amour que j'aime une tablette de chocolat ou une fille que je regarde pour mon seul plaisir... En vérité si ce type d'amour n'est pas à exclure totalement, il doit être subordonné à d'autres types d'amour plus élevés sans quoi je resterai avec un profond sentiment d'amertume et d'insatisfaction.

La deuxième forme d'amour est celle de l'amour de bienveillance  : je veux le bien de Martine. Ce type d'amour m'oriente davantage vers l'autre mais il demeure insatisfaisant.

C'est la dernière forme de l'amour, la plus élevée, qui seule correspond vraiment aux désirs profonds du coeur de l'homme : l'amour sponsal. Ici il s'agit de vouloir le bien de l'autre à travers le don de soi. Cet amour comble le coeur d'une manière toute particulière et réalise ce pour quoi nous sommes faits. Nous avons tous, normalement, une disposition à la sponsalité (bien qu'il est vrai que l'on a pu plus ou moins l'abîmer par certaines expériences qui défigurent l'amour). Et la vocation n'est rien d'autre qu'une manière particulière (dans le mariage, la vie religieuse ou le sacerdoce) de réaliser cette disposition à la sponsalité. Tu le vois donc, la vocation réalise en nous nos désirs les plus profonds, elle se présente comme la manière la plus adéquate de devenir ce que nous sommes.

Comment la découvrir?

Notre coeur est compliqué... Mais Dieu connaît notre coeur mieux que nous-mêmes. Ainsi le meilleur moyen de décourvrir sa vocation est de lui poser la question : "Seigneur, toi qui désires me combler de joie... toi qui me connais jusqu'au plus intime de moi-même, que désires-tu que je fasse pour toi, de quelle manière m'appelles-tu à aimer durant mon pélerinage sur cette terre?". Et le Seigneur répond toujours! Encore faut-il décrocher le combiné... Si on ne prend pas le temps de dialoguer avec lui dans la prière, si on ne l'accueille jamais chez soi avec l'Eucharistie, si on a coupé le fil vingt fois sans le raccrocher avec le sacrement de Réconciliation, si on ne lit jamais sa Parole... alors il se peut que l'on ait quelques difficultés à entendre! Mais dans le cas contraire, Dieu qui désire ardemment notre bonheur ne nous fait jamais tourner en rond... et au moment le plus opportun (qui n'est pas toujours celui que l'on croit au départ dans notre impatience...!) il sait nous faire connaître son projet pour nous, projet qui est toujours beaucoup plus grandiose que ce que nous avions imaginé!

Quelques indications pratiques...

Sur ce beau chemin de la découverte de la vocation, il est utile de demander l'accompagnement d'un prêtre. Avec nos vies souvent bousculées, nous sommes souvent le nez dans le guidon et il arrive que nous râtions des embranchements décisifs... que l'on se fasse une montagne d'une colline ou l'inverse... Bref pour avoir un peu de visibilité mieux vaut demander de l'aide.

Quant aux signes de la vocation... il y a sans doute deux choses fondamentales  : la joie et la paix profondes. Si l'idée de devenir religieuse me fait pleurer il y a peu de chances que le Seigneur m'y appelle! En revanche attention, joie et paix au fond du coeur ne veut pas dire qu'il n'y ait pas des combats (parfois rudes) en surface...

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