Chaque année, je n'ose pas dire la Providence, le Grand Manitout m'en voudrait, mais plus exactement notre génie fournit à l'actualité matière à polémiques et scandales.
Après les intégristes, le préservatif... l'an passé, nous voici partis pour ce grand cru 2010 avec la pédophilie dans l'Eglise.
Nous avons là joué un coup de maître, et ce sur bien des tableaux.
D'abord, c'est un fait, nous avons réussi à faire sombrer bien des gens blessés dans ce travers inouï. Oh, il n'y en a pas plus dans le clergé qu'ailleurs, mais nos complicités avec les milieux médiatiques permettent de donner aux affaires des prêtres un relief tout particulier. Plus de 80% des abus sexuels se produisent au sein des familles, mais grâce au talent de l'étrange lucarne et autres radiophones, on finirait par croire cette horreur réservée au clergé !
Mon neveu je vous l'ai répété bien des fois, il faut tout faire pour affaiblir, décourager et calomnier les prêtres. D'abord et avant tout parce que de par leur célibat, ils enfreignent le dogme de la sexualité obligatoire que nous avons mis en place dans les années 68. Ce célibat choisi (à l'inverse de plus de 5 millions de français qui le subissent... et dont personne ne se préoccupe...) est une hérésie qui pourrait interroger certains en montrant combient Dieu peut remplir un coeur humain. Cela il faut éviter. Aussi, il faut absolument persuader les gens que ce célibat est une hypocrisie.
Le prêtre est dangereux parce qu'il renvoie à un Au delà des choses visibles. Alors que notre monde est en hypnose devant ce qu'il produit, alors que tout un chacun ne se préoccupe que de rentabilité et d'efficacité, voilà un homme dont la vie n'a de sens qu'en référence à un Dieu qui veille sur le monde, qui l'a créé et le maintient par amour. Les heures passées par les prêtres à prier sont le témoignage éloquent que ce qui est essentiel, est invisible. Comme disait le mauvais Ratzinger : celui qui ne voit que ce qu'il croit est en réalité aveugle. Mais cela, surtout mon neveu, ne vous avisez pas de le répéter !
Il y a quand même un bé-mol à notre victoire ces temps-ci. Ces ahuris de journalistes et certains réseaux sont allés trop loin. Ils n'ont pu s'empêcher de foncer sur le diocèse où Ratzinger a été évêque pour passer les moindres faits à la loupe, que dis-je, au microscope ! Cet empressement acharné qui suintait la haine a mis la puce à l'oreille de certains. Et que dire de ceux qui ont bêtement cherché à mouiller le frère du pape avec sa chorale d'enfants. Mon petit, je vous l'ai appris, pour qu'une polémique prenne vraiment, il ne faut pas tout inventer, il faut partir d'une demie vérité. Or là, ces nouilles de médias sont partis de paires de claques données par Georg Ratzinger pour conclure à des sévices! Tout le monde sait bien, même si on n'a plus guère de mémoire, que ces pratiques étaient couramment répandues à cette époque... et que l'on ne saurait confondre une claque avec un abus sexuel... à moins d'être bon pour une thérapie psychologique de choc!
Voyez-vous ce manque de finesse médiatique pourrait nous coûter cher. D'abord, tout cela n'a en rien entamé la volonté du pape de faire toute la lumière sur ces affaires, au contraire. Ce fichu pape préfère mourir que de voiler ou dissimuler la vérité, quelque soit le domaine et le montant de la facture.
D'autre part, à ne s'en prendre qu'à l'Eglise de manière trop exclusive, on l'a finalement aidée à prendre des mesures draconiennes qui sont sans doute maintenant les plus sévères au monde. Résultat : d'un scandale elle pourrait bien tirer son renouveau...
Certes, il faudra du temps, les esprits ont été bien mitraillés médiatiquement mais je vous redis mon petit que cette barque de Pierre, depuis 2000 ans que je la secoue, je n'ai encore jamais réussi à la faire couler. Tout juste puis-je parfois jeter des vagues par dessus bord pour affoler les passagers. Reste que debout à la proue, il y a ce pape, fidèle, discret et déterminé, encordé au Christ, qui ne cesse d'appeler au courage, à la foi, à la charité et à l'espérance.
Méfiez-vous, l'Autre vous le savez est mauvais joueur et c'est au moment où vous le croyez vaincu et mort... qu'Il ressuscite!
Bien à moi,
Votre Diable d'oncle.
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